Les témoignages des Mantsinistes

Masengo ma Mbongolo:

A Brazzaville, les autorités ont interdit le Festival Mantsina sur Scène dans les établissements publics, malheureusement pour eux, la digue a cédé et le Festival Mantsina s’est déversé dans les rues, quartiers, coins et recoins de la ville… Une vraie résistance des artistes…
Décidément Souleymane Koly, Directeur du Théatre Koteba d’Abidjan, a eu raison de dire: “Si l’art a plus de problèmes que le sport, c’est parce que l’art parle donc il dérange.
Mantsina sur scène en a été la preuve palpable… Et que la vie reprenne au Congo dans tous ses sens, sans restriction…
YI WIDIEEEEEE !!!!

Quand les fous de la scène envahissent Brazzaville

Quand les fous de la scène envahissent Brazzaville

A tout seigneur tout honneur voici ce que Le Figaro a dit de Dieudonné Niangouna et de son Fesival Matsina sur scène, dans un article intitulé:

Le Figaro:

Congo-Brazzaville : Dieudonné Niangouna interdit de salles publiques

L’auteur dramatique, acteur et metteur en scène congolais s’est vu refuser l’accès à des établissements publics pour la tenue de son festival international de théâtre Mantsina sur Scène. Celui-ci s’est donc tenu dans la rue.

Dieudonné Niangouna

Dieudonné Niangouna

Dieudonné Niangouna se heurte au président congolais Denis Sassou-Nguesso. L’auteur dramatique, acteur et metteur en scène dénonce le pouvoir de l’homme politique qui dirige depuis 31 ans le Congo Brazzaville et qui vient de changer la constitution, après un référendum controversé, pour être réélu en 2016.
Une prise de position affirmée haut et fort dans une lettre ouverte, adressée début décembre au président, qui a remis en question la tenue du festival international de théâtre Mantsina sur Scène qu’il dirige. Sa 12e édition, qui se tient depuis le 10 décembre dans la capitale du pays, à Brazzaville, a ainsi été compromise par une interdiction de se produire dans les salles et établissements publics.
Rebaptisé Mantsina sur rue?

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Mais «loin d’abdiquer devant la bêtise et l’arbitraire», le festival a résolu de se produire en-dehors des murs et d’investir les rues. «Un spectacle déambulatoire pour la plus grande joie des Congolais et un acte de résistance», lit-on dans un communiqué diffusé le 21 décembre. «Il faudrait peut-être à la suite de ce coup d’éclat rebaptiser le festival en Mantsina sur rue», s’interrogent d’ailleurs, non sans ironie, les organisateurs.

Jusqu’au 30 décembre, le festival Mantsina sur Scène rend hommage à Sony Labou Tansi, poète et écrivain congolais qui dirigea notamment la célèbre troupe de théâtre Rocadu Zulu, à Brazzaville. Des dizaines de représentations, performances et lectures en son honneur ou dédiées au théâtre au sens large ont donc été reprogrammées sur les places publiques, dans les jardins, les cours, les marchés… «Partout où grouille la vie», a déclaré Dieudonné Niangouna.

 

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Le directeur du Théâtre Vidy-Lausanne de Suisse, Vincent Baudriller (France), ancien directeur du festival d’Avignon.

En quittant Brazza depuis l’aéroport Maya Maya: « Je suis un habitué de Mantsina, et je vois très bien l’évolution en tous les points, comment les choses prennent de plus en plus de formes et deviennent encore plus fortes et arrivent à emporter les gens dans une réelle relation de dialogue entre œuvre et spectateurs, et comment les artistes s’inscrivent dans une réelle démarche active de la société. Et ça c’est quelque chose de très fondamental qui est gagné à Mantsina. C’est une conscience d’artiste en rapport avec son environnement politique, culturel, social, économique… J’ai passé des moment très intéressants avec Delavallet Bidiefono dans son espace Baning’Art, son école de danse, à Kombé, et je vois avec tous les projets qu’il met en place, c’est très intelligent… Le fait de ramener les spectacles, les lectures, les projections, les performances, les concerts, dans les quartiers, les cités, les cours de maisons, les rues, ça solidifie la relation avec le public, ce sont des acquis majeurs. La performance de Snak Zobel du Cameroun est un moment fort puissant, la lecture du dernier texte de Sylvie Dyclo-Pomos Le Verso-Recto est d’une intensité poétique… Le jeune comédien de la RDC, Michael Disanka avec son spectacle sur le texte de Koffi Kwahulé Village fou… Et bien évidemment les rencontres le matin à l’espace Mantsina autour des spectacles de la veille et avec les questions de comment faire ici et maintenant… C’est bien ce qui constitue toute la recherche, l’interrogation et le partage. Il y a une vraie présence de travail auprès de l’équipe d’organisation: Noëlle Ntiiéssé Bibounou, Sylvie Dyclo-Pomos, Cléo Konongo et Papythio Matoudidi qui autour de ton énergie [Dieudonné Niangouna] apportent un dynamisme qui fait que le relai existe… Et la relève est là. »

L’auteure – metteure en scène – comédienne Céline Astrié (France).

En quittant Brazza: « On a compris (enfin un peu j’espère) pas mal de choses (sur la situation de crise au Congo) à travers cette participation à Mantsina. Très belles rencontres, avec les habitants, les enfants, du fait d’avoir jouer dans leurs cours… »

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Rencontres du matin à l’espace Mantsina autour des spectacles de la veille

 

Le metteur en scène et directeur de l’atelier Mise en scène à Mantsina, Fabrice Gorgerat (Suisse)

Depuis l’aéroport Maya Maya en quittant Brazza: « Sacré boulot! Je dis chapeau au festival! Suis en forme! Très chouette énergie! Une belle vitalité! C’était cool! Punk! Osé! Très affirmé! Et des moments magiques comme LA NUIT SONY ou le spectacle déambulatoire de Papythio Matoudidi,Sony sur la Route qui a duré trois heures à travers les rues de Makélékélé en commençant par le marché Bourreau pour finir au bord du fleuve à regarder le Congo à la tombée de la nuit… Magic! Plein de truc. Et l’atelier de mise en scène que j’ai animé c’était super! Ils chopent vite, ces petits, et sont très réactifs, surtout Arthur, pas Batoumeni mais un petit qui s’appelle Arthur aussi, et le petit Clément, et l’autre aussi, Bertrand, oui, ils seront des bons s’ils continuent comme ça. C’est une belle pépinière. Et c’est clair que je vais revenir pour continuer, suis rechargé là, ça fait trop du bien. C’est cool »


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L’auteur – metteur en scène – comédien et directeur de l’atelier Jeu d’acteur à Mantsina, Jean-Paul Delore (France).

En quittant Brazza: « C’est vachement audacieux! Et c’est ça que j’adore, c’est ça qui est bien, parce que ça redonne de la vie. C’est TONIC, vraiment c’est la réponse à la question : comment inventer des espoirs, justement, et que ces derniers servent, mais pratiquement pour la maman, le gamin, la jeune fille, l’étudiante et tout… C’est vachement bien! Des fois je me dis: mais c’est complètement délirant! Mais en même temps je me dis: c’est ça qui est juste, c’est ce qu’il faut faire ici et maintenant et c’est ce que vous faites, alors on a l’impression que ça devient abstrait, et ça continue. Belle réplique à tout ce qu’on sait qui se passe… Vraiment! On s’en reparle… »
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Laetitia Ajanohun, auteure – metteure en scène, comédienne (Belgique).

En quittant Brazza: « C’est bien de voir grandir le festival avec les énergies de tous! Il y a une vraie cohésion. On sent qu’on est vraiment ensemble. C’est une sacrée édition. Et tous les jours ils se passe des choses et paf! Une claque! Et ça n’arrête pas. Et on n’est pas crevé. ça joue partout, c’est dingue! Et ça marche dans les cours de maisons, dans les rues… Le spectacle ambulatoire de Papythio Matoudidi, La Nuit Sony, le collectif Zavtra de Limoges, le spectacle de Gilfery Ngambalou sur Photo de groupe au bord du fleuve de Emmanuel Dongala, Feuilles avec Jeanne Videau et Sébastien Bouhana, Cheriff Bakala qui a mis le feu avec son Sony, la bombe à hydrogène, mes coups de coeur : Snak Zobel et Michaël Disanka… Je voudrais vraiment rester jusqu’à la fin du festival, le 30 décembre… Il y a quelque chose ici qui ne finit pas. Bravo Mantsina! C’est un beau poème, solaire, vorace en liberté. 
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Snak Zobel
La réalisatrice et directrice de l’atelier « Images, Imaginaires et Métaphores », Claude Bagoë-Diane (France).

En quittant Brazza: « Mille mercis à la merveilleuse Noëlle Ntiéssé-Kibounou (administratrice du festival)… Une petite leçon de mise en scène de Fabrice Gorgerat et finir en beauté par la lecture de Verso-Recto de Sylvie Dyclo-Pomos par elle-même (et Théophane). Le bonheur je vous dis! Mantsina 2015 ça continue jusqu’au 30/12. Que ceux qui l’ont raté s’en mordent les doigts. Cette année, les Mantsinistes ont joué dans les cours pour la première fois, à recommencer absolument. Trop de choses à dire encore. Back to Paris mais mon âme est parmi vous. »12369013_1496078894035267_1581061247984443930_n

 

 par Le Mantsiniste!

Source: Festival Mantsina

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Hommage à JacquesLoubelo