Mantsina sur scène, sous fond de Malaki

ZERO MAIN BASSE
SUR NOS JEUNES

Ces jeunes ne vous doivent rien à l’Etat congolais. Ils se sont construits sur la sueur de leur front.
Ils sont vaccinés contre le mensonges, la gabegie, la fraude, la tricherie... Il ne comprennent que
le langage de la vérité, du travail bien fait, de l’honnêteté, le bien
être et le bon vivre en d’autres termes:
”du mantsina”.

Dieudonne-Niangouna

Dieudonne-Niangouna

Quelle image le Congo a pu transmettre au monde en envoyant les fous de la scène dans la rue de Brazzaville, avec toute la presse internationale venu couvrir le festival? Si d’un coté le Festival a démontré de quel bois il se chauffe; de l’autre les autorités politiques et administratives ont brillé par une bassesse sans nom. Diriger c’est prévoir, heureusement au pays de Sassou, le ridicule ne tue pas…

Matsina sur scene 2015

Matsina sur scene 2015

C’est dommage de se rendre à l’évidence que les gestionnaires de la culture au Congo ne connaissent pas leurs artistes. Défendre les salles de théâtre à Dieudonné Niangouna, c’est comme enfermer une souri dans un magasin plein de sacs d’arachides… Il va se régaler à un point où tu ne t’en reviendrais pas. C’est comme mettre Masengo ma Mbongolo en résidence surveillée à Mbanza Kongo, la capitale du Royaume Kongo… Il ne voudrait plus en sortir, même si tu lui proposais tout l’or du monde?

Il faut prendre l’habitude de revisiter l’histoire de l’évolution des festivals au Congo, pour savoir que c’est du café réchauffé. Et si ce faisant, vous pensiez le punir, alors vous avez taper très bas. Vous vous êtes mis le doigt dans l’oeil.

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Dans le domaine du théâtre le Congo est l’un des pays qui fait la fierté de la culture et l’art africain, depuis qu’il a remporté le 1er Prix du Théâtre Africain en 1966 au Premier Festival des Art Nègres à Dakar au Sénégal. Mais que représente le CFRAD (Centre de Formation et de Recherche des Arts Dramatiques) du Congo devant le Théâtre National Sorano de Dakar? Le CFRAD n’a pour centre de formation que le nom? C’est un grand garage fait pour démotiver les artistes et les mettre en retraite anticipée. Ces grands champions du Théâtre n’ont administrativement pas de statut au Congo. Ils sont apparentés à des enseignants d’école primaire à vie. Et on les voit s’éteindre à petit feu, l’un après l’autre à la queue leu leu. Alors que leur budget vole en fumée dans des fêtes que les ministres de la culture du Congo, viennent chaque année, organiser à Paris.

Partout au monde l’artiste Sony Labou Tansi est respecté sauf dans son pays, qu’il a pourtant si bien servi.

Centre Sony Labou Tansi

Centre Sony Labou Tansi au Congo

Grand Theatre National de Dakar

Grand Theatre National de Dakar

Grand Theatre National de Dakar 1

Grand Theatre National de Dakar 1

Donc, ces artistes congolais qui arrivent à braver les grandes scènes du monde se sont auto formés, dans des théâtres de quartier. Je dirai même que les artistes congolais sont des orphelins dont les gestionnaires administratifs ressemblent à des inspecteurs des impôts, qui ne savent qu’abuser de leur pouvoir.

Ces artistes qui ont grandi dans la rue, vont de manière générale mendier aux services culturels étrangers et notamment ceux de la France. Ils pensent y avoir des droits alors que ces services sont là pour promouvoir la culture de la France et non celle du Congo.

Ces artistes doivent donc passés par mille chemins pour se faire une place au soleil. Ils viennent de la rue donc quand vous leur fermez vos salles minuscules et mal entretenues, vous mettez l’eau à leur moulin…

Il faut du temps et de l’énergie pour former un artiste-comédien…
C’est bon de les utiliser pour honorer vos invités de marque, ou pour venir faire du cirque à cout de
millions, dans des bassins Aquatiques à Paris; mais il est mieux de créer des structures de formation des
artistes 
pour qu’ils puissent peaufiner leur talent, sans oublier de leur réserver un statut particulier…  

Criss Niangouna

Criss Niangouna

Pour votre gouverne, en 1993 alors que la guerre civile battait son plein à Brazzaville et que toutes les salles étaient fermées, la 3ème Edition du festival Malaki ma Kongo s’est tenue dans la rue. La population était venue nombreuse et elle y est restée jusqu’au petit matin. Ce jour-là la population était bercée par les roulement de tambours et non par les  tirs nourris de kalachnikov. Ce festival avait connu la participation du Marabout Théatre de Nzey van Musala venu de la ville capitale voisine Kinshasa.

malaki sur les imondices 1993

Malaki sur les imondices 1993

Marabout Theatre au Malaki 1993

Marabout Theatre au Malaki 1993

C’est une année plutard que les Niangouna, Dieudonné, Criss et deux autres, vont intégrer notre groupe, le Théâtre Kongo Dia Ntotela. De 1994 à 1996 nous avons ensemble, animé les salles de théâtre et espaces publics des deux villes capitales, les plus rapprochées du monde, Brazzaville et Kinshasa. Ces jeunes ont connu des fortes expériences. Avant de vous frotter à eux, il faut voir de quel arc-en-ciel Augusto-Niangounique, ils sont formés. Et quand vous dépassez la mesure, ils passent au Masenguisme…

Ah! Vous ne connaissez pas ce néologisme?

Le Masenguisme est une des disciplines du Malaki ma Kongo dont le but est la préservation de soi, du moi profond, l’auto défense.

Le Masenguisme c’est l’art de liquéfier toutes substances solides. C’est prendre appuis sur ses propres racines culturelles Kongo, pour réduire à zero, toutes sortes d’obstacle…

La racine du Masenguisme est « sengo » ou (se-ngo).
« Se » représente le père, la force masculine
« Ngo » signifie « Non », ,c’est son orgueil primaire, son amour propre, ou encore le léopard.  
« Sengo » qui signifie fer donc la force.

C’est tout un processus d’apprentissage qui vous permet de pénétrer ce monde irréel, qui petit à petit prend place dans votre corps et surgit sous forme d’auto défense quand une personne ou une institution, blesse profondément votre être, votre âme, votre « moi » profond.

  • – Vous commencez par le toiser de la tête au pied, pour le redimensionner (une sorte de flash pour bien le cadrer);
  • – vous vous concentrer pour faire place à votre Ngo (la panthère), votre ombre originale, votre être primaire;
  • – vous laisser bondir votre Ngo, qui avale votre adversaire complètement réduit en état liquide…

Ce Ngo c’est de l’énergie, rien, aucun objet matériel ou immatériel ne peut résister au masenguisme…

Enfin pour situer le cadre ambiant du Malaki ma Kongo dans le quel baigne le « Masenguisme », nous dirons que ce processus d’auto défense est logé depuis la nuit des temps dans l’ADN de nos ancêtres.

Malaki ma Kongo

Malaki ma Kongo

          L’association culturelle Malaki ma Kongo est née comme continuation et développement du festival Malaki ma Kongo, qui fait la promotion des racines de la culture de l’Afrique Noire en général et du cœur de l’Afrique en particulier, dont les manifestations sont annuelles: aujourd’hui il se déroule dans bien trois continents.

Bien que inspirée de la culture Kongo, dont il veut assurer la promotion, le festival est ouvert aux autres cultures du monde… Le premier et le dernier spectacle ont toujours lieu dehors, autour d’un grand feu de bois. Malaki est un festival prêt â porter capable de se mouvoir non seulement d’un pays à un autre, mais aussi d’un continent à un autre.
n dehors du Congo, Malaki a des antennes au Congo Kinshasa, au Bénin, en Italie, en France, Espagne, au Ghana, en Guadeloupe, en Haïti en Rep. Dominicaine, à Cuba, au Venezuela, en Equateur, au Brésil, au USA et au Canada.
    
a toile de fond de Malaki ma Kongo est laRenaissance de la culture d’une Afrique vraie qui s’exprime dans ces termes:

• ◦ la recherche des origines de l’identité culturelle africaine et de sa diaspora.
• ◦ révéler les différents maux qu’ils minent l’Afrique
• ◦ réfléchir sur les approches des solutions
Pour plus d’information : http://www.malakimakongo.net/1991-1996-fr/1993

Enfin je soulève mon chapeau devant ce si beau travail des jeunes qui ont suivi nos traces et qui pour certains ont fait mieux que nous. C’est toujours avec fierté qu’un frère ou mieux qu’un père regarde son fils gravir les marches de l’honneur. Nous veillerons à ce que aucun oiseau de mauvais augure n’égratigne le chemin que Dieudonné Niangouna s’est si bien tracé. 

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Merci et bon vent!!!

tata Masengo ma Mbongolo

 

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Hommage à JacquesLoubelo