Artistes antillais intronisés rois en Cote d’Ivoire.

Les artistes antillais Thierry CHAM (à gauche) et Jacob DESVARIEUX (à droite) ont été intronisés rois en Cote d’Ivoire.

La Chronique Epicée

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Les artistes antillais Thierry CHAM (à gauche) et Jacob DESVARIEUX (à droite) ont été intronisés rois en Cote d’Ivoire. Pour la petite histoire, Jacob DESVARIEUX a vécu une partie de son enfance en Afrique, plus précisément au Sénégal où il est resté jusqu’à l’âge de 12 ans. Bravant les clichés négatifs et les préjugés sur ce continent. il a vécu là-bas avec sa mère. Il est allé à l’école là-bas et c’est aussi là-bas qu’il a appris à jouer ses premières notes de guitare. Jacob DESVARIEUX fait partie des icônes de la musique antillaise qui, du point de vue de la stratégie marketing, ont très vite compris l’importance de l’Afrique pour la popularisation et la commercialisation de la musique Zouk. Lorsqu’il fonde le groupe Kassav en 1979 avec d’autres artistes antillais, le succès est très vite au rendez-vous, surtout en Afrique car c’est là-bas en Afrique que le groupe Kassav va faire ses premiers gros publics en remplissant les stades d’Abidjan, Dakar, Libreville, Luanda, Ouagadougou, Lomé, Yaoundé etc. Partout où les Kassav ont posé pied en Afrique, ils ont fait foule.

La récompense ne sera pas que commerciale, le guadeloupéen Jacob DESVARIEUX et la martiniquaise Jocelyne BEROARD vont recevoir de nombreuses médailles des autorités politiques en Afrique. En 1995 par exemple, ils recevront la médaille d’officiers du mérite par Abdou Diouf, le président sénégalais de l’époque. Grâce à leur musique, les Kassav ont établi un véritable pont culturel entre l’Afrique et sa diaspora. Jacob DESVARIEUX a toujours martelé son attachement affectif à l’Afrique. Interrogé par un média célèbre sur cet amour pour l’Afrique, il avait déclaré : « Les Antillais ne sont rien d’autres que des Africains qui ont quitté le continent. J’avais 10 ans quand ma mère couturière a pris la décision de déménager en Afrique. Grâce à ses amis qui lui conseillaient de découvrir ce continent dont l’image était déformée par les médias de l’époque. On racontait que ce sont des sauvages comme dans Tarzan, la misère dans des huttes, les guerres tribales, les catastrophes, autant de clichés qu’elles voulaient combattre. Il fallait croire que j’étais prédestiné pour cette rencontre avec l’Afrique. Ce sont mes origines. Dès le 1er contact avec ce continent, je me suis senti chez moi, comme aux Antilles. À part la grandeur du pays, j’ai retrouvé la population noire, la même végétation, les mêmes maisons de style colonial, la même ambiance. Je ne suis pas un étranger ici. Les gens sont culturellement, traditionnellement, accueillants. Tu es noir, tu es le bienvenu. Les Africains te l’expriment en parole en t’appelant « mon frère ». J’ai beaucoup appris de mes amis africains. Je pense que tous les Antillais devraient aller, au moins une fois en Afrique ». 

Bien d’autres artistes antillais comme l’haïtien Coupé Cloué, le martiniquais Eric Virgal ou le guadeloupéen Guilou Lafarge ont eu eux aussi leurs lettres de noblesse en Afrique. Certains sont même retournés y vivre, c’est le cas du guadeloupéen Guilou Lafarge, un chanteur de zouk très populaire dans les années 90. Marié et père de 4 enfants, il vit aujourd’hui à Douala au Cameroun après être tombé sous le charme d’une camerounaise lors d’un concert qu’il avait donné au Cameroun en 1995. Gloire et honneur à cette génération d’artistes antillais qui ont su transcender les clichés et les clivages au sein de la communauté noire, pour rapprocher l’Afrique et les Antilles.

Auteur: LaChroniqueEpicee
Source: Facebook

Hommage à JacquesLoubelo